OM - Montpellier : L'OM déjà tout en haut ?
L'Olympique de Marseille aura à peine eu le temps de digérer sa qualification pour les huitièmes de finale de la Ligue des champions. Les hommes de Didier Deschamps reçoivent ce samedi, à 19 heures, le deuxième Montpellier pour l'un des chocs de cette 15e journée du championnat de France. A deux point d'Héraultais co-leaders avec Lille, l'OM a une belle opportunité de squatter le haut du pavé en cas de succès, d'autant plus que son match en retard contre Rennes se profile quatre jours plus tard...
Le match en direct vidéo à 19h sur OM-Infos !
"Il faut encore plus se remettre en question après les victoires car on a tendance à s'enflammer quand on gagne. L'équipe qui fera une série se dégagera." Les propos de Benoît Cheyrou en conférence de presse illustrent parfaitement l'objectif à atteindre pour l'Olympique de Marseille dans les semaines à venir. Qualifié pour la première fois depuis onze ans pour le deuxième tour de la Ligue des champions grâce à son succès contre le Spartak Moscou (0-3), le club olympien doit rapidement se reconcentrer sur le championnat de France. Cinquièmes à seulement deux points du leader Lille et de son co-leader et adversaire du soir, Montpellier, les hommes de Didier Deschamps doivent franchir un cap, nécessaire pour retrouver les sommets du championnat hexagonal.
Le 4-2-3-1 reconduit?
Pour ce faire, l'OM version 2010-2011 a besoin d'une série de victoires, chose qu'il était arrivé à faire avant le coup d'arrêt subi au Parc des Princes contre le Paris Saint-Germain (2-1). Mais les séries en appellent d'autres et le champion de France en titre reste sur quatre matches sans défaite toutes compétitions confondues. S'il y avait beaucoup de choses à redire dans le fond, notamment contre Lens (1-1) et même face à Toulouse (0-1), l'opposition contre Moscou en Ligue des champions, dans une rencontre décisive pour son avenir européen, a donné de nouvelles garanties, jusque-là insoupçonnées.
En effet, Didier Deschamps a changé son fusil d'épaule en décidant d'aligner un 4-2-3-1 avec Mathieu Valbuena en véritable numéro dix. A raison puisque "Petit Vélo" s'est fendu d'une prestation de haute volée, ponctuée d'un but magistral. Si Lucho Gonzalez a moins brillé, Deschamps ne semble pas s'en inquiéter outre-mesure: "Il n'y a pas de souci pour Lucho. Aucun. Il n'aime pas spécialement jouer plus haut. Le fait de le faire jouer plus bas nous offre une touche technique dans la sortie du ballon qui est intéressante. Il est peut-être un peu moins dans la zone de finition, mais c'est une option". Ce nouveau choix tactique pourrait également servir à André-Pierre Gignac, qui évoluait seul en pointe avec Toulouse dans un système identique. Toutefois, le Martégal n'est pas encore remis de sa blessure aux ischio-jambiers et devrait laisser sa place à Brandao.
Des modifications qui semblent bénéfiques pour une équipe qui évite de se mettre trop la pression, à quelques encablures de la trêve hivernale. Pour Didier Deschamps, "ce n'est pas l'objectif d'être premier mercredi soir, notre obligation est de gagner nos deux rencontres. Premier, c'est au mois de mai qu'il faut l'être. Mais je préfère effectivement faire la course en tête plutôt que de revenir du fin fond de la forêt comme l'an dernier". Et face à des Héraultais au top de leur forme, l'OM devra cravacher pour arracher la victoire.
Vaincre le syndrome du Vélodrome
Montpellier est en train de prouver aux observateurs que sa belle sixième place acquise de haute lutte la saison passée - alors qu'il venait à peine de retrouver l'élite - n'était pas usurpée. En dépit des départs d'Alberto Costa et Victor Hugo Montano, le MHSC est parvenu à remplacer - avec succès - ces deux joueurs-clés. Le Turc Hasan Kabze et, surtout, Olivier Giroud, font merveille dans l'Hérault depuis le début de saison. L'ancien meilleur buteur de Ligue 2 avec le Tours FC (22 réalisations) a déjà fait trembler les filets à 6 reprises, dont un but contre Nice le week-end dernier qui a permis à Montpellier, pour la première fois de son histoire, de prendre seul la tête de la Ligue 1.
Giroud aura à présent la lourde tâche de percer la muraille marseillaise dans une enceinte qui l'a fait rêver lorsqu'il était tout "minot". "[Le Vélodrome] me rappelle des souvenirs d'enfance puisque, étant petit, je supportais cette équipe, confesse-t-il sur le site du club. C'était la grande équipe de Marseille, non pas qu'elle soit moins grande aujourd'hui mais parce qu'à l'époque, elle avait gagné la Coupe d'Europe. C'était un peu le club qui faisait rêver." Mais que les supporters de la Paillade ne s'y trompent pas, si Giroud a un profond respect pour le club de son enfance, l'Héraultais a aussi indiqué qu'il "essayera de les contrarier avec [son] audace", rappelant que Montpellier était "devant l'OM en championnat" et qu'il allait "tout faire pour le rester".
Si les retours de Joris Marveaux et Romain Pitau seront indéniablement un plus pour la formation de René Girard, les statistiques ne plaident pas du tout en leur faveur. En effet, en quinze rencontres au Vélodrome, le MHSC ne l'a jamais emporté, concédant 6 défaites et 9 nuls. Et même quand les protégés de l'inénarrable Louis Nicollin croyaient avoir fait le plus dur en menant 0-4 en 1999, la bande à Laurent Blanc et Fabrizio Ravanelli était parvenue à l'emporter dans un des matches les plus spectaculaires du championnat de France (5-4). Plus proche de nous, Montpellier avait subi la saison passée son plus lourd revers (4-2). Une victoire montpelliéraine serait donc un exploit authentique, pour lequel "Loulou" Nicollin serait peut-être prêt à encore allonger les primes, même si elle n'atteindront jamais celles perçues par les joueurs olympiens - 66 000 euros - après leur qualification pour les huitièmes de finale de la Ligue des champions...