OM : Brandao et les sifflés ...
Conspué outrageusement samedi lors du match contre Arles-Avignon (3-0), l’attaquant brésilien Brandao traverse actuellement ses pires moments à Marseille depuis son arrivée au club en janvier 2009. Pourtant, de par son engagement et son dévouement pour les couleurs olympiennes, il a toujours été irréprochable.
Si ça ne tenait qu’à lui et s’il avait le pouvoir de revenir en arrière et de remonter le temps, Brandao n’aurait certainement pas joué les dix ultimes minutes du match Arles – OM du week-end dernier. Parce que ce fut, à coup sûr, les dix minutes les plus pénibles de sa carrière marseillaise, voire de sa carrière tout court. Invité à relever André Ayew, l’ancien joueur de Shakhtar entra sur la pelouse sous les sifflets de ses propres supporters, et la scène en question se répéta à chaque fois qu’il toucha le cuir. Un véritable supplice pour le numéro 9 Marseillais, dont les raisons et les motifs échappent à tous les observateurs. Comment ce joueur a-t-il pu être sifflé alors qu’il y a à peine quelques semaines il incarnait le joueur fidèle et modèle que tout club souhaite avoir ?
« Injuste, inutile et contre-productif »
Les supporters marseillais ont vraiment la mémoire courte et l’attester n’est en rien une offense. Parce qu’à moins de manquer de lucidité ou alors ne rien connaître au football et à ses valeurs, il est inconcevable de s’en prendre à un élément, qui a fait preuve d’une démarche des plus honorables en août dernier. Une proposition des plus juteuses lui est parvenue d’un club russe (le Rubin Kazan), mais face à l’opposition de ses dirigeants, il s’est résigné à rester et, en sus, sans dire un mot. Par les temps qui courent, ce genre de comportement est trop rare pour ne pas être signalé. Et il est aussi et surtout trop rare pour ne pas être pris en exemple. En huant Brandao samedi dernier, les pseudo-fans marseillais ont renié tous ses raisonnements, passant ainsi pour de véritables ingrats.
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Tout en gardant son côté ironique, Didier Deschamps, le coach olympien, a été le premier à s’emporter face à ce déplorable spectacle. « Il y avait beaucoup de supporters de l'OM présents, j'espère que ceux qui ont sifflé Brandao ne sont pas des supporters du club » a-t-il confié, poursuivant : « mais si malheureusement il y en a alors je veux leur dire que ce n'est pas bonne attitude. Cela ne servira ni la cause de l'Olympique de Marseille, ni la cause de Brandao ». En effet, Brandao, qui est sans but marqué depuis l’entame de la saison, aura encore plus de peines à retrouver la confiance après ce c’est passé à Arles. Même Jean-Claude Dassier, à qui l’on reproche de ne pas trop s’y connaître au football, a eu l’intelligence de le remarquer : « C'est injuste, inutile et contre-productif. Le siffler ne peut que retarder son retour à la confiance. Le doute ne doit pas s'emparer de lui ».
Certes, techniquement, Brandao n’est pas cet avant-centre dont les grands clubs rêvent. Ses statistiques n’incitent pas à l’extase et ses gestes sur le terrain peuvent parfois provoquer l’ire, mais est-ce une raison pour oublier tout ce qu’il a apporté à ce club depuis deux ans et demi ? Pour José Anigo, le directeur sportif de l’OM, c’est « non » et plutôt deux fois qu’une. « Comment voulez-vous mettre dans de bonnes dispositions un joueur qui rentre en se faisant siffler? » s’est-il interrogé, avant d’enchérir : « on sait bien que Brandao n'est pas un grand technicien et même en le sifflant il ne s'améliorera pas à ce niveau là, mais il apportera sa générosité et sa combativité. Il faut accepter d'avoir ce genre de joueurs qui, en plus, a permis, comme les autres, de gagner trois titres l'an dernier. Rien que pour cela il mérite un peu plus de respect et d'indulgence».
Le public marseillais a encore quelques jours pour méditer sur ces dires et essayer de retrouver un minimum de rationalité. Contre Sochaux ce samedi, il a tout intérêt à faire preuve d’une meilleure attitude envers Brandao. Car ce dernier, est malgré sa carapace de guerrier, n’est pas insensible à ce que les autres pensent de lui. Après avoir tant donné à l’OM, il doit très mal accepter le fait qu’en retour il ne reçoit que des sifflets. Pour l’instant, il ne s’est pas encore plaint ou exprimé à ce sujet, et il pourrait ne pas le faire du tout et décider, lors du prochain mercato, de s’en aller discrètement sous d’autres cieux. Ca serait un acte dommageable, mais, franchement, il sera, cette fois-ci, difficile de lui en vouloir.