OM : Abriel montre ses dents !

Mardi soir, devant son public, l'Olympique de Marseille a sonné la révolte en étrillant le FC Zurich en Ligue des Champions (6-1) et s'est relancé dans la course à la qualification pour les huitièmes de finale de la compétition. En l'absence de Lucho Gonzalez, blessé, Fabrice Abriel s'est une nouvelle fois montré essentiel dans la prestation collective livrée par les vice-champions de France 2009. Avec lui, l'OM tient en son sein un joueur rare.
Et dire qu'il n'aurait jamais dû signer à l'Olympique de Marseille cet été... D'abord, il n'était pas une priorité pour Didier Deschamps et José Anigo, même si des contacts avaient rapidement été établis entre les parties concernées. Puis l'AS Nancy-Lorraine s'était manifestée, sans réussir à séduire le milieu de terrain du FC Lorient, avant qu'un accord moral ne soit finalement trouvé avec le Racing Club de Lens. Fabrice Abriel devait donc se parer de Sang et Or mais, face à l'impitoyable DNCG (Direction Nationale de Contrôle et de Gestion) qui officie dans le football français, les Artésiens n'avaient pu s'offrir les services du Merlu.
Meilleur que Lucho
Finalement, le principal intéressé avait donc opté pour les Ciel et Blanc, tout en sachant pertinemment qu'une place de titulaire ne lui était pas promise, loin de là. Pourtant, mardi soir, au Vélodrome, le milieu de terrain formé au Paris Saint-Germain fêtait sa neuvième titularisation de la saison toutes compétitions confondues, sa deuxième en Ligue des Champions après avoir joué une heure durant à Santiago-Bernabeu, lors du naufrage marseillais contre le Real Madrid (3-0). Pas mal pour un simple remplaçant...
Une doublure qui a déjà scoré en Ligue 1, et s'est notamment montrée décisive mardi soir, se muant également en buteur et faisant preuve d'une redoutable efficacité sur coups de pied arrêtés. Ou comment faire oublier sans trembler l'absence de Lucho Gonzalez, recruté à prix d'or au FC Porto mais encore en pleine période d'adaptation dans sa nouvelle équipe et sujet à des pépins physiques handicapants.
Au final, voilà l'OM guidé par une recrue à 2,5 millions d'euros plus performante qu'un Argentin à 18 millions d'euros, diront les mauvaises langues. Toutefois, l'ancien Amiénois, contrairement au Sud-Américain, connaît parfaitement le championnat de France et sait profiter de la période de rodage que traverse encore l'ancien Dragon (comme Raï au PSG ou Juninho à Lyon avant lui) pour se mettre en valeur et se rendre presque indispensable.
Abriel dans tous les moules
Mieux, contrairement à son pendant de l'Albiceleste, Abriel présente l'avantage de pouvoir se montrer performant dans n'importe quel schéma tactique, du 4-3-3 au 4-4-2 en losange, en passant par le 4-2-3-1 ou le 4-4-2 à plat. Une chance inouïe pour Didier Deschamps, l'entraîneur de l'OM.
"Ce festival de buts, c'est très bien pour les prochains matchs à domicile. On savait qu'il y avait certaines choses que l'on n'avait pas faites les derniers matches, et sur quoi il fallait qu'on travaille, c'est-à-dire le don de soi... La qualité on l'a, il fallait qu'on se lâche. C'est bon pour la confiance", expliquait le natif de Suresnes, comme Benoît Cheyrou, au terme de la partie.
Autrement dit, dans les semaines à venir, les fans des Phocéens devraient être amenés à voir de plus en souvent la mine joviale de Fabrice Abriel sur le pré. Lyon, Milan, Paris, quelques-uns des prochains adversaires des vice-champions de France 2009 d'ici la fin du mois de novembre, pourraient permettre à ce trentenaire d'en imposer encore plus aux yeux de son coach.
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