Montpellier 0-1 OM : INARRÊTABLE !
Lors d'une finale de Coupe de la Ligue longtemps indécise, l'Olympique de Marseille a finalement obtenu le dernier mot sur Montpellier (1-0). Comme un symbole, Taye Taiwo, annoncé partant en fin de saison, a donné la victoire aux Phocéens grâce à une belle frappe du droit (80e). Avec ce succès, l'OM entre dans l'histoire puisqu'aucune équipe n'avait réussi avant elle à remporter la compétition deux années de suite. Pour Didier Deschamps, cette Coupe de la Ligue est le troisième titre majeur à inscrire à son palmarès au sein du club olympien.
Montpellier et la Coupe de la Ligue: une équipe et une compétition qui ont beaucoup pesé sur le parcours de l'OM la saison dernière. C'est après une défaite 2-0 à La Mosson, fin janvier 2010, que les joueurs marseillais s'étaient réunis pour se remobiliser pour la seconde partie de saison. Deux mois plus tard, le premier trophée gagné depuis 1993, en finale contre Bordeaux (3-1) au Stade de France, propulsait définitivement les ouailles de Didier Deschamps vers le titre. Vainqueur contre le MHSC pour la deuxième année consécutive, une première dans la jeune histoire de la compétition chérie par la LFP, Marseille pourra peut-être s'appuyer sur ce succès pour combattre Lille en Ligue 1.
Pari tactique raté pour Deschamps
L'affiche entre ces deux formations réputées peu spectaculaires cette saison aura finalement rappelé que les deux équipes étaient européennes pour l'exercice en cours (et par la même occasion épargnées du premier tour de la compétition). Après une entame hachée par les blessures de Gignac (4e) puis de Mbia, touché au genou et contraint de céder sa place à Kaboré (7e), la partie, accrochée, s'est enflammée avec de nombreuses situations chaudes. Et Provençaux et Languedociens se sont rendus coup pour coup, malgré un tableau d'affichage inchangé jusqu'à dix minutes du terme de la partie et un but entaché d'une position de hors-jeu.
Les plus grosses occasions marseillaises ont fait suite à des provocations ballon au pied de Gignac sur la gauche. Sur un premier centre de l'ancien Toulousain, Valbuena, d'une reprise de demi-volée, faisait trembler le poteau de Laurent Pionnier (titulaire jusqu'au bout de la compétition, au détriment de Jourdren). Puis en tout début de seconde période, un nouveau centre de Gignac trouvait la tête d'Ayew et provoquait une belle parade du portier héraultais (46e). Avant cette seconde grosse, Marseille avait quand même eu du mal à se montrer réellement dangereux, notamment dans l'axe. Et ce en raison du pari tactique - clairement mauvais - de la "Desch". Malgré l'absence de Rémy, Gignac conservait sa position à gauche, laissant l'axe à Valbuena, percutant et souvent stoppé illicitement. Quant à André Ayew, il se montrait bien moins actif sur le côté droit. Ainsi, Lucho et Valbuena n'avaient parfois aucune solution dans la surface.
Montpellier lâche sur coup de pied arrêté
Le MHSC n'était pas en reste et profitait par intermittence du manque de tranchant du duo Kaboré-Cheyrou. Et pour le coup, le choix tactique de René Girard était payant. Estrada débutait sur le banc, comme souvent ces derniers temps, pour laisser les commandes du jeu à Belhanda, milieu offensif axial et déclencheur de nombreuses remontées de balle. Dans ce 4-2-3-1, l'habituel relayeur Marveaux se postait dans une position inédite de milieu droit, avec Camara sur la gauche et Giroud en pointe pour livrer un duel aérien avec la charnière Diawara-Heinze. Mandanda était mis en danger à plusieurs reprises, sur une frappe de Jeunechamp captée en deux temps, puis un retourné hors cadre de Bocaly (37e) mais surtout lors d'une énorme occasion pour Saihi, titularisé dans l'entrejeu. Dans la surface, à la suite d'un mauvais renvoi d'Heinze, le jeune Montpelliérain trouvait le moyen de frapper mais tombait sur Mandanda (22e).
Avec une nouvelle tête d'Ayew, cette fois-ci juste à côté sur un corner de Lucho (59e), l'OM prenait l'ascendant en début de seconde période, pour un gros premier quart d'heure de jeu où les tenants du titre auraient dû faire la différence. Mais alors que Montpellier avait refait surface après l'heure de jeu, Girard sentant même le moment de lancer l'ailier Kabze à la place du récupérateur Pitau (73e), la bataille basculait sur une phase arrêtée. A la suite d'un coup franc excentré de Lucho, le ballon repoussé par Pionnier était repris victorieusement, du droit, par Taiwo, alors que l'arbitre assistant aurait clairement pu lever son drapeau en raison de la présence de Heinze, hors-jeu, juste devant Pionnier (1-0, 80e). Montpellier avait déjà lâché en fin de match dimanche dernier et, trop fatigué pour égaliser, devait se contenter seulement d'une médaille de finaliste, 21 ans après son dernier titre, une Coupe de France.