Euro 2012 - Qualification : France - Roumanie !
Moribonds la dernière fois qu'ils ont joué au Stade de France, comme ressuscités quatre jours plus tard en Bosnie, les Bleus avancent en crabe vers l'Euro 2012. Ils retrouvent ce soir Saint-Denis, la Roumanie, ainsi que Nasri et Gourcuff. Pour une preuve de guérison, c'est le moment.
Pas sûr que le week-end soit propice à reparler de la Roumanie en termes positifs. Après les Roms, impossibles à chasser de l'actualité estivale, voici que débarquent des Carpates les «cacheurs de ballons» et autres «voleurs de points» en maillots jaunes de Lucescu fils. De vieilles connaissances collant aux Bleus comme le sparadrap aux doigts du capitaine Haddock: trois matchs et autant de nuls en 18mois entre les deux équipes.
Lucescu parle juste
Autant le dire tout de suite, prolonger la série ce soir contre une équipe tombée au 46erang mondial serait une très mauvaise idée: après avoir abandonné trois points à Saint-Denis contre le 55e (Biélorussie) le mois dernier, la France (27etout de même!) ne peut plus se permettre de gâcher à domicile. Cette obligation française constitue évidemment la meilleure chance des Roumains. Le sélectionneur Razvan Lucescu n'a pas analysé la situation autrement hier en évoquant les enjeux de la rencontre («c'est un match très important d'abord pour la France, et pas un match décisif pour la Roumanie») avant de dresser avec une grande justesse le profil psychologique de son adversaire: «Même si elle reste une grande équipe (comprendre une grande nation de football), la France a aussi eu des problèmes qu'il était impossible de résoudre en un temps aussi court. C'est une situation délicate, parce que le public n'a pas encore toute confiance, et le début du match sera très important».
Le syndrome Stade de France
Laurent Blanc en est parfaitement conscient. Tout son travail depuis un mois a consisté à valoriser, tant en interne qu'en externe, la victoire obtenue à Sarajevo. Quatre jours après l'accident biélorusse, cet «exploit» -sur le terrain du numéro59 de la hiérarchie mondial- avait été fêté comme une renaissance au bout d'une série de quatre défaites. Mais le sélectionneur sait par avance que sa première victoire en costume sera requalifiée en hoquet si ses joueurs ne lui donnent pas une petite soeur ce soir. Presque autant que des trois points indispensables pour rester sur les rails d'une qualification directe, les Bleus ont un grand besoin de réussir enfin quelque chose de bon au Stade de France. Ils y restent en effet sur une série calamiteuse de trois matchs(*) qu'on aurait du mal à hiérarchiser sur l'échelle du mauvais goût. Gare au syndrome naissant.
Charme et fragilité
A Sarajevo le mois dernier, les Bleus de Blanc ont montré qu'ils étaient capables de produire quelque chose de cohérent face à un adversaire obligé de «sortir». Leur guérison passe maintenant par étape consistant à trouver la faille face à un adversaire s'arc-boutant sur son but. C'est la stratégie adoptée à l'extérieur par la plupart des équipes de «deuxième zone» et c'est probablement l'opposition que proposeront les Roumains ce soir. La clé au problème se situe dans l'investissement, la discipline tactique et la maîtrise technique. En théorie, Blanc est là pour veiller aux premiers points tandis que Gourcuff et Nasri ne nuiront pas au dernier. Mais on n'oublie pas qu'un match international se joue surtout aux deux extrémités du terrain. Il ne faudra donc pas s'étonner si demain on reparle efficacité. Celle de Benzema? Celle de la charnière Rami-Mexès? On pourrait décliner à l'infini tant les certitudes sont rares au sein de cette équipe. C'est son charme d'équipe en gestation et sa fragilité au regard de son obligation comptable.