Eliminatoires 2012 : Bosnie 0 - 2 France : La France de retour !
Après un très long passage à vide, l’Equipe de France s’est refait une belle santé en allant gagner mardi à Sarajevo (2-0). Sous la direction de Laurent Blanc, les Bleus l’ont emporté avec l’art et la manière. Désormais, ils attendent de pouvoir confirmer.
Ah, qu’est-ce que cette victoire faire du bien. Au bout d’un long calvaire, qui aura été marqué par des déboires à la pelle et une succession de déceptions, l’Equipe de France a réussi mardi au stade Asim-Ferhatovic-Hase de Sarajevo, de gagner un grand match, et décisif qui plus est. Ce fut le fruit d’une belle réaction d’orgueil, dont les joueurs vont devoir s’inspirer pour construire quelque chose de grand. Tous en conviennent d’ailleurs : les bases d’une belle aventure sont aujourd’hui enracinées et il faudra tout mettre en œuvre pour que que ça ne soit pas un exploit lendemain. Car c’est bien un exploit que les protégés de Blanc ont ramené de Bosnie.
La naissance d’une équipe
Les grandes équipes ne se sont pas faites un jour. Toutes ont connu une naissance, et la plupart ont vécu des heures difficiles avant d’entamer leur montée au sommet. A titre d’exemple l’Equipe de France, championne du monde 1998 et championne d’Europe 2000, a un berceau, nommé Bucarest. En effet, c’est là-bas en Roumanie, qu’un soir d’octobre 1995, les Zidane, Dugarry, Karembeu et compagnie avaient entamé leur ascension et ce après avoir traversé de nombreux obstacles. Ce que leurs successeurs sous le maillot tricolore ont fait hier à Sarajevo s’apparente à également à un début de quelque chose de grande. On n’irait pas jusqu’à le jurer, mais à en juger par sa forme et son contenu, cette partie a tout d’un match référence. Voire plus. Elle ressemblerait presque à une éclosion.
« Ce soir, on n’était pas le désespoir, on était dans le fantastique », ces par ces mots que Laurent Blanc avait attaqué son discours de fin de match. Sous le coup de l’euphorie, le Cévénol a peut-être employé des mots trop forts, mais sa pensée relate parfaitement le rendement de ses hommes, lesquels, de la 1e à la 90e minute du jeu, se sont « montrés irréprochables ». Le match aurait pu finir 0-0, mais ça aurait été quasiment injuste que les Bleus ne gagnent pas ce match là. La persévérance finissant toujours par payer, Karim Benzema est venu débloquer la situation à la 72e, avant que Florent Malouda ne double la mise six plus tard. Il faut remonter au 14 octobre 2009 pour trouver trace d’un succès tricolore par deux buts d’écart (contre l’Autriche, 3-1), et ce n’est assurément pas la seule satisfaction à tirer de ce match.
Le mot d’ordre : confirmer
Si après avoir tant tremblé ces derniers jours, Malouda et cie se sont offert une victoire aussi aisée, c’est parce qu’ils ont retrouvé, d’un seul coup, tout ce qui faisait défaut à leur jeu ces derniers temps. Il y a eu de la fluidité, de l’efficacité, de la prise de risques, des enchainements, des débordements et sans oublier la solidité défensive. « L’objectif était de ne pas prendre des buts, après on savait bien qu’on allait se procurer des occasions » a confié Philippe Mexès, « Avec Adil (Rami), on n’avait rien à perdre. Quand on est aussi compacts et solidaires, on peut soulever des montagnes ». Surtout lorsque tous les joueurs présents sur le terrain tirent dans le même sens et avec la même envie de se racheter et redonner le sourire à leurs supporters. « Cette victoire vient d’une envie générale. On savait que ça allait être difficile, mais on s’est dit les choses. Le travail paye et j’espère qu’on va maintenant continuer sur cette lancée » a confié son compère de la défense centrale.
Il serait, en effet, dommage si les Bleus venaient à en rester là. Les qualifications se poursuivent en octobre avec ces deux nouvelles rencontres contre la Roumanie et le Luxembourg qui arrivent et il serait plus qu’intéressant d’enchainer et confirmer cette belle victoire. S’étant débarrassés du terrible poids qui pesaient leurs épaules, les jeunes Tricolores ont à présent tous les atouts pour redonner à cette sélection son lustre d’antan. Mexes en convient : « j’espère que cette victoire va nous aider à grandir ». Florent Malouda, qu’on n’a pas beaucoup vu mardi mais qui s’est sacrifié pour le collectif, est aussi de cet avis : « les supporters vont attendre une confirmation et il ne faut pas descendre de niveau. On est encore en retard sur notre tableau de marche car on voulait 4 points et on n’en a que 3. Il faut être ambitieux ». Ambitieux et aussi confiant en ses moyens, à l’image du nouveau capitaine Alou Diarra : « L’objectif est d’enchainer et surtout de gagner à la maison. On est capables de faire de grandes choses ensemble ». Pas de doute possible : cette France-là est réellement sur la voie de la rédemption.