OM : Dassier " On est favori " !
« Jean-Claude Dassier, les matches amicaux sont à présent terminés. Quel bilan dressez-vous de ce premier mois ?
Vous savez, je ne suis pas technicien. Je ne peux pas faire un bilan footballistique. C'est plutôt l'avis de Didier (Deschamps). Mais ce que je peux vous dire, c'est que ce sont des matches de réglages. Le résultat même n'a pas beaucoup d'importance. Ils n'ont fait que confirmer que l'équipe est solide et qu'elle aura du mal à se faire bouger par les autres cette saison. J'ai bien aimé la seconde mi-temps contre Lens. Le collectif s'est clairement exprimé. C'est le travail de Didier. Il est maintenant totalemen
t tourné vers le début du Championnat. Le seul hic au final de ces matches amicaux aura été la blessure de Lucho.
La première rencontre de Championnat, samedi à Grenoble, s'approche à grands pas...
Nous sommes bien armés. Je lis, j'entends des choses de partout. Visiblement, notre recrutement plaît beaucoup. C'est certain que cela a été fait intelligemment. Et je suis très optimiste pour la suite. Cela promet une belle saison. Mais attention. Le football n'est pas une science exacte, sinon tout le monde en ferait ! (rires) J'ai bien aimé la phrase de Christophe Dugarry dans L'Equipe : "J'aime les organigrammes d'un club où les dirigeants sont au service des techniciens du football". C'est tout à fait mon point de vu. Je me considère à leur service. C'est mon job numéro 1 ! Je dois faire en sorte que le climat installé soit bon, qu'il y ait de bonnes relations avec les supporters, qu'on puisse travailler correctement au Vélodrome, que les finances soient équilibrées, et que la formation soit améliorée. Tout cet ensemble doit fonctionner pour la qualité de notre équipe.
« Nous sommes parfaitement dans les clous financièrement »
L'équipe construite cette année est une des meilleures que l'OM n'ait jamais connues ces dix dernières années. L'investissement a-t-il été conséquent ?
Nous sommes parfaitement dans les clous financièrement. Tout se passe comme prévu. Encore un ou deux départs, et tout sera ok. On a été prudent dans notre gestion. Et puis on a bien vendu. Les départs ont parfaitement été gérés. Et ce n'est pas grâce à moi. La direction sportive a fait tout le travail. Il y a encore un écart de quelques millions d'euros qui devrait se combler rapidement. On a le temps. Il nous reste encore trois semaines (avant la fermeture du marché des transferts).
Marseille semble avoir trouvé une sérénité remarquable après une intersaison agitée...
Nous n'avons pas été gâté. Le décès tragique de Robert-Louis Dreyfus nous a frappé de plein fouet lors de mon arrivée au club. Puis il y a eu le drame du Vélodrome. Enfin, cela n'est pas du tout pareil, mais la blessure de Lucho est venue se greffer à tout ça. Mais bon, malgré toutes ces difficultés, globalement, on a bien géré. L'objectif était de bâtir l'équipe que souhaitait avoir Didier Deschamps. A un joueur près, nous avons réussi. Et j'en suis très satisfait. Maintenant, la période de vérité va commencer : celle du terrain. Je serai à Grenoble pour la première journée. Et je vais y aller le coeur léger. Pour dire vrai, j'ai hâte que cela commence. Tout va s'enchaîner. Nous allons jouer à Montpellier par la suite, avec le souci du transferts de 18 à 20.000 supporters à la Mosson, puis viendra Rennes, et enfin le premier choc de la saison : Bordeaux. L'occasion, pour notre premier match au Vélodrome, de rendre un bel hommage à Robert-Louis Dreyfus.
Quelles sont vos relations avec les supporters aujourd'hui ?
Très bonnes. Nous avons eu une réunion lundi dernier. Il nous a été rapproché d'avoir accepté de jouer à Montpellier au lieu de repousser la rencontre de la 2e journée. Mes arguments ont été simples. Je leur ai dit que la Ligue n'aurait pas accepté une telle décision, et surtout que Didier Deschamps tenait absolument à jouer. Puis j'ai été touché par la volonté des supporters de rendre hommage à Robert-Louis Dreyfus. On se revoit lundi prochain, à 17h, pour établir une convention. Je m'explique. Nous voulons pérenniser les relations avec eux, leur donner des droits et rassurer certains, notamment sur les billetteries. Cette convention devrait aussi marquer un engagement de leur part par rapport à l'utilisation des fumigènes dans les stades. La Ligue nous demande un effort sur ça. Cela devrait bien se passer.
« Etre champion, ça ferait tellement de bien à ce club ! »
L'OM part favori pour le titre. Mais Lyon et Bordeaux se sont aussi renforcés. Comment jugez-vous leur recrutement ?L'OL sera encore très difficile à battre cette saison, même si le club est aujourd'hui privé de deux joueurs qui avaient fait son succès pendant sept longues années : Juninho et Benzema. Cela va leur faire un gros vide. En attendant, nous allons voir ce que vaut Lisandro Lopez. Il y a de grands bons hommes dans cette équipe, mais des réglages, comme chez nous, sont encore à faire. Pour Bordeaux, en revanche, j'attends de voir ce que va donner l'affaire Chamakh. Une telle histoire peut perturber la vie du club. Pour le PSG, je n'ai pas vraiment d'idée. Les Parisiens ont fait une belle campagne de matches amicaux. Mais pour le Championnat, attention tout de même aux équipes sans stars. Elles peuvent toujours créer des surprises.
Votre favori pour le titre ?
Nous bien sûr ! (Rires) On va tout faire pour être champion. On a recruté pour ça. Les conditions générales sont faites pour obtenir un titre cette saison. Cela ferait tellement de bien à ce club !
Et la Ligue des champions dans tout ça ?
On ne peut pas trop en parler encore, le tirage n'ayant pas été effectué. On espère passer au moins l'hiver. Mais se sera très difficile. Il y a un tel décalage et un tel déséquilibre avec les clubs anglais et espagnols. Il n'y a qu'à regarder le Real Madrid ! Ce club est vraiment sur une autre planète. Je ne sais pas ce qu'en pense Michel Platini, mais le football européen est totalement déséquilibré. En France, on passe comme des gens très sages qui essaient de tenir leurs finances. (Rires) Quel contraste !