Shakhtar 2 - 0 OM : La tache se complique ...
Le verdict du stade Olympiyskiy (2-0) a semble-t-il brisé les espoirs des Marseillais de rejoindre les demi-finales. L'avenir des Phocéens en coupe de l'UEFA ne dépend plus que d'un match « fou » au Vélodrome. Mais l'OM peut-il le faire ?
Tous les observateurs du ballon rond spéculaient dès le tirage au sort sur un hypothétique Classico « made in » UEFA. Mais force est de constater que le PSG-Marseille tant espéré est encore loin d'être joué au terme de la phase aller des quarts de finale. La faute notamment à une formation du Shakhtar Donetsk que beaucoup avait sous-estimée malgré des victoires aux tours précédents sur le CSKA Moscou et Tottenham. Pourtant le parcours des Ukrainiens en Ligue des champions aurait dû inviter à la prudence. Présent dans le Groupe C de la Coupe aux grande oreilles, les protégés de Mirce Lucescu avaient déjà brillé en bousculant le Barça au Camp Nou (3-2) ou en étrillant le FC Bâle à domicile (5-0). « Donetsk a été tout de suite dans le match, en se créant plusieurs occasions en cinq minutes », a analysé Eric Gerets. Joueur et opportuniste, le onze ukrainien n'est pas la victime expiatoire que la cité Phocéenne espérait tant. Et les avertissements de Brandao n'auront pas suffi.
Un collectif trop fébrile
Mis en garde dès les premières minutes du match, les Marseillais ont progressivement remonté la pente avant de vaciller sur la première occasion de Donetsk. Désuni collectivement, l'OM s'est enlisé dans les approximations. « Tout le monde a oublié les consignes et la discipline tactique », accuse le lion de Rekem. Une indiscipline qui aurait pu corriger davantage les joueurs de la Canebière sans les exploits répétés de Steve Mandanda sur sa ligne de but. Lucescu l'a d'ailleurs très bien compris, « je salue la performance de (Steve) Mandanda, qui a réalisé de très beaux arrêts ». Le portier des Bleus a ainsi préservé les maigres chances de qualification de ses coéquipiers en s'imposant devant Luiz Adriano (72e et 78e). « Mais c'est loin d'être la fin, et nous avons renversé des situations pires que celle-ci », Lorik Cana prêche ainsi pour une révolte de ses partenaires par moment trop apathiques.
Quel visage au Vélodrome ?
« Ce sera compliqué au retour, car nous avons perdu ici sans marquer et il faudra prendre des risques…». Le message de Gerets est on ne peut plus clair. L'OM doit miser sur un match débridé et l'ambiance frénétique du Vélodrome pour espérer refaire son retard. Le technicien du Shakhtar, lui, sait très bien que la ferveur des travées azuréennes peut changer la donne rapidement. « C'est une victoire très importante, où nous avons fait preuve de maturité, mais je sais que cela sera très difficile au retour, car l'OM est une équipe costaude, qui joue des grands matches tous les dimanches. Rien n'est joué ! ». A y regarder de plus près, ce Donetsk-là, rejeté de la C1 avec trois victoires, mais terriblement talentueux « avec des attaquants brésiliens de grande classe », n'est pas sans rappeler le Zénith version 2008 de Dick Advocaat qui avait surclassé les Phocéens avant de triompher dans cette même compétition. De l'espoir, de l'envie, et un peu chance… l'OM en aura bien besoin dès la semaine prochaine pour écarter les 80% de suffrages en sa défaveur…