OM : Niang absent , comment jouer ?
L'instant fatal, où Mamadou Niang tente un ciseau, heurte la tête de Kanté, qui s'en sort mieux que lui, alors qu'il aurait pu se blesser gravement
Un vrai coup de massue. Pape Diouf a parfaitement résumé l'effet de la blessure de Mamadou Niang. Certes, la fin d'année va permettre de réduire l'effet de son indisponibilité pour une fracture à un métatarse du pied droit. Sur les 4 à 6 semaines d'absence, il y en a déjà deux qui seront absorbées par la trêve.
Mais auparavant, il va rater, cette semaine, deux rendez-vous capitaux, contre l'Atlético, chez qui il avait marqué à l'aller, puis dimanche à Lyon, contre qui il avait réussi deux doublés la saison dernière, avec, à la clé, un match exceptionnel à Gerland. "L'OM avec ou sans Mamadou, c'est complètement différent, soupire Lorik Cana. Et pour l'instant, on ne peut pas le remplacer."
Le handicap induit par cette blessure se situe dans quatre domaines :
1. Quantitativement, ça fait un attaquant de moins. Et par conséquent, celui qui évoluera à sa place, ne pourra plus endosser le rôle de joker.
2. C'est un attaquant qui remue et peut occuper plusieurs positions.
3. C'est un buteur, dont le bilan chiffré est éloquent.
4. C'est une forte personnalité, le joueur qui a disputé le plus grand nombre de matches européens (36) dans l'histoire de l'OM, avec Taye Taiwo. "Même s'il râle trop, il va nous manquer aussi sur le plan mental", reconnaît Cana.
"C'est l'un des plus anciens au club, il a l'expérience du haut niveau, ajoute Mathieu Valbuena. Son vécu va nous faire défaut. Il n'y a jamais de bonne période pour se blesser, mais là, il va rater deux grosses échéances. Je lui ai dit que son malheur lui permettra de soigner sa pubalgie; je sais bien de quoi je parle et je suis conscient que ça va être très difficile à vivre pour lui."
À moyen terme, cela va confirmer la nécessité de recruter, tout en ravivant les regrets d'avoir vu Djibril Cissé quitter Marseille pour la médiocrité de Sunderland. "Mais nous ne pouvons pas aller plus vite que la musique, répond Pape Diouf. Nous allons essayer, comme prévu, d'ajouter de la force et de l'équilibre à l'équipe, et ça peut passer par l'enrôlement d'un ou deux joueurs."
Même si l'arrivée d'un joker dans la semaine, avant Lyon, pour peu probable qu'elle soit, reste techniquement possible, il faudra se débrouiller avec l'effectif actuel demain contre l'Atlético de Madrid. "Ça rajoute des responsabilités à chacun des joueurs offensifs, estime Valbuena. Tout le monde aura sa chance et il faudra marquer des buts pour compenser son absence. En attendant qu'il nous revienne frais et dispo, au meilleur de sa forme. Parce que Mamad, c'est surtout un buteur."
"Tactiquement, je ne suis pas habilité à dire comment nous allons jouer. Ses appels vont sa couverture de balle vont nous manquer. Sa blessure est vraiment une mauvaise nouvelle." Il est évident que sans Niang, l'OM ne jouera pas de la même manière. Autant son absence avait pu être compensée par la présence de Cissé lors de la dernière CAN, autant aujourd'hui, avec d'un côté Koné et Valbuena, de l'autre Samassa, plus Grandin et Ben Arfa, personne ne ressemble à Mamadou.
"Nous n'avons aucun profil similaire pour jouer en pointe, convient Cana. Mamad allie puissance, vitesse. Il peut fixer la défense, prendre la profondeur. Samassa n'est pas en totale confiance; ce sera un gros problème." Bolo Zenden, lui, suggère de s'adapter tactiquement aux profils des autres joueurs.
"Avec Samassa, nous avons vu que nous pouvions évoluer différemment. Il n'a pas les mêmes caractéristiques que Niang. Nous avons joué plus de longs ballons sur lui et le milieu est venu serrer pour compter sur le deuxième ballon et mettre la pression." Ce sera quand même compliqué...